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Les Groupements fonciers viticoles : une solution pour investir dans les vignes françaises

par La Rédaction
investir dans les vignes françaises grâce aux GFV

Comme c’est le cas avec les métaux rares, le vin est un actif tangible de luxe. L’appréciation de sa valeur se fait indépendamment du cours des marchés financiers. On la surnomme donc « l’or rouge » pour sa rentabilité et ses performances attractives. Pour investir dans le vin, deux solutions s’offrent à vous : en direct (vous devez avoir les moyens et les compétences pour vous en occuper) et à travers les Groupements fonciers viticoles (GFV). Et c’est à ce dernier que nous allons nous intéresser dans cet article.

En quoi consiste l’investissement dans le vin à travers un GFV ? À qui est-il destiné ? Quels sont ses atouts et quels sont les risques ? Voici notre guide complet pour investir dans les vignes françaises grâce aux GFV.

Pourquoi investir dans le vin ?

Le vin, avant toute chose, est un produit de consommation. De ce fait, le principal avantage à avantage à investir réside dans le fait que vous pouvez consommer votre placement. On parle donc d’investissement plaisir, car si celui-ci ne prend pas de valeur dans le temps, vous avez la possibilité d’en profiter directement.

Ensuite, il faut souligner que le vin, au fil des années, est devenu petit à petit un produit de spéculation. Le prix, en fonction de la rareté de certains crus, peut donc rapidement grimper sur le marché. Et vu qu’il s’agit d’un produit de luxe qui répond à une forte demande, les prix de transactions élevés sont acceptables.

Vous devez également savoir que le vin est considéré comme un atout gaspillé. Il s’agit donc d’un produit détaxé qui n’attire pas les gains en capitaux d’impôts.

Cependant, il est important de souligner que c’est un placement relativement risqué. En effet, cela nécessite une bonne connaissance du milieu du vin (millésimes, domaines…) pour être en mesure de faire les bons choix. Aussi, avant de vous lancer, vous devez connaître les différents types de placements possibles dans le vin. En général, 4 grandes options s’offrent à vous.

L’achat de bouteilles de vin

Comme vous l’aurez compris, il s’agit de se constituer une cave en achetant directement des bouteilles de vin auprès de producteurs, de détaillants ou lors des ventes aux enchères.

L’inconvénient est que vous devez mettre en place une bonne logistique de stockage et dans des conditions adaptées pour la conservation du vin. Vous devez, par ailleurs, prévoir une assurance pour être couvert en cas de dommage.

Les caves d’investissement

Une solution pour ceux qui veulent investir dans l’achat de bouteilles de vin, mais avoir à se charger de la logistique. Vous pouvez donc soit choisir les bouteilles dans lesquelles vous voulez investir ou confier toute la tâche à un prestataire comme Cavissima ou Cavacave.

L’inconvénient ici est que le ticket d’entrée peut s’avérer assez élevé. Il faudra compter environ 10 000 à 50 000 € en fonction des prestataires.

Les fonds d’investissement spécialisés dans le vin

En passant par les fonds d’investissement spécialisés dans le vin, vous n’aurez donc plus à vous soucier de logistiques pour les bouteilles ni de cave. C’est tout simplement un placement financier que vous pouvez faire via de grands acteurs comme Uzès Grands Crus.

Les fonds d’investissement dans le vin sont assez rares ; vous devez donc faire assez attention au moment d’en choisir. Uzès Grands Crus, par exemple, est agréé par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Faire l’acquisition de propriétés viticoles à travers les GFV

C’est l’une des solutions les plus intéressantes pour investir dans le vin et c’est d’elle que nous allons parler dans la suite de cet article. Ici, il sera question d’investir dans des parcelles viticoles. Vous vous dites certainement déjà que cela va revenir très cher. En effet, si vous investissez seul, les fonds à prévoir doivent être assez conséquents.

D’où le recours aux GFV ! Pour faire simple, c’est un groupe constitué de plusieurs investisseurs réunis au sein d’une société pour investir dans une propriété viticole. Ici, il est possible de trouver des opportunités d’investissement à partir de 5 000 €.

Qu’entend-on par GFV ?

Un Groupement foncier viticole ou GFV, d’un point de vue juridique, est une société civile créée pour négocier un bail à long terme sur un domaine viticole. Le principal objectif de cette société est donc de faire l’acquisition d’une ou plusieurs parcelles de terres viticoles. Celles-ci seront alors mises en location à un vigneron pour l’exploitation.

Souscrire des parts d’un GFV permet donc de diversifier son patrimoine sur la terre, un actif réel, tangible et décorrélé des marchés financiers. En achetant des parts, l’investisseur acquiert concrètement un « bout de parcelle » et devient un ambassadeur des vins issus de son groupement et du vigneron. De ce fait, les revenus, après déduction des frais de gestion et des impôts, seront distribués chaque année en espèces ou en bouteilles de vin de la propriété.

Pour ce qui est des caractéristiques, il faut souligner que le Groupement foncier viticole est une société civile :

  • régie par la loi du 31 décembre 1970
  • dans laquelle le nombre d’associés maximum est limité
  • qui n’est pas autorisée à recourir à un appel public à l’épargne
  • dont le dispositif est particulièrement axé sur mise en location à un exploitant agricole, moyennant des revenus fonciers.

Comment ça fonctionne ?

En pratique, un GFV permet de faire participer des investisseurs à l’achat d’un domaine viticole. L’exploitation de ce dernier sera confiée à un viticulteur hautement qualifié. L’investissement, autrement dit l’acquisition de parts dans cette société civile, vous permet de devenir propriétaire de vignes françaises.

investir dans le vin grâce aux GFV permet de se constituer une cave personnelle

Chaque année, vous recevrez alors un revenu en nature (bouteilles de vin du domaine) ou en numéraire (espèces). Par ailleurs, vous aurez également la possibilité de choisir, chaque année, votre quote-part de loyer (bouteilles ou numéraire).

Toujours, en matière de fonctionnement, soulignons qu’il existe deux principaux types de Groupements fonciers viticoles. Il s’agit des :

  • GFV à capital fixe : ici, chaque associé peut, à n’importe quel moment, céder tout ou une partie de ses parts. Mais pour cela, il faudra trouver un acquéreur et prendre le soin de s’acquitter de ses droits d’enregistrement. Par ailleurs, le GFV à capital fixe bénéficie d’une exonération sur l’Impôt sur la fortune immobilière (ISF)
  • GFV avec un capital variable : ici, les associés sont dispensés du droit d’enregistrement en cas de retraits. Cela leur permet de faire jusqu’à 4,80 % d’économies sur le produit de la cession de leurs parts. Contrairement au GFV à capital fixe, le GFV à capital variable ne peut en aucun cas bénéficier d’une exonération sur l’ISF.

Enfin, il faut souligner que l’investissement dans un Groupement foncier viticole s’entend à moyen ou long terme. Cela permet de profiter d’une revalorisation des vignes. Toutefois, chaque associé à la possibilité de céder à tout moment ses parts de la société. À la fin de l’année, un rapport de gestion est transmis aux associés pour qu’ils aient une idée de l’évolution de leurs investissements ainsi que le montant des revenus à déclarer.

Qu’en est-il des revenus distribués par les GFV ?

Ce sont des revenus issus du fermage. Ils sont, chaque année (au mois de novembre), fixés par la Préfecture avec l’interprofession viticole. Il s’agit des négociants, des courtiers, des viticulteurs, des propriétaires… Le cours officiel des fermages de la récolte de l’année précédente est également publié par arrêté préfectoral. Comme vous l’aurez compris, c’est sur cette base officielle que le fermage dû par l’exploitant à votre GFV sera calculé.

Versés une fois par an à chaque associé de la société civile, ces revenus sont relativement faibles et généralement compris entre 2 et 4 %. Cela est dû au prix élevé à partir duquel se font les échanges agricoles, surtout pour les vignobles recherchés. Soulignons également que le versement des revenus se fait après déduction des frais de gestion et des impôts acquittés par le GFV.

La perception des revenus distribués par les GFV peut se faire un numéraire (espèces) ou en nature (des bouteilles de la propriété). Ce dernier représente une réelle opportunité pour les amateurs de vins et les passionnés d’œnologie. En effet, ils auront la possibilité de se constituer une cave à des conditions très avantageuses financièrement.

En outre, le rendement est amélioré dans la mesure où en tant qu’associé vous pourrez recevoir des bouteilles valorisées au prix de production. Ce tarif, il faut le rappeler, est très en dessous du tarif auquel chaque bouteille sera vendue sur le marché. Le capital détenu sous forme de bouteilles, pour finir, peut facilement être transmis à ses proches.

Même dans le cas d’une distribution en espèces vous avez la possibilité d’acquérir du vin de votre propre GFV, et ceci proportionnellement à votre participation.

Les avantages d’investir dans le vin grâce à un GFV

On vous le disait un peu plus haut et André Manière, gérant du GFV Saint-Vincent, le souligne aussi :

Investir dans le vin, c’est avant tout investir dans un bien tangible.

Il s’agit donc d’un placement qui présente d’intéressants atouts pour chaque associé du groupement. Vous ne le savez peut-être pas, mais la production de vins français ne peut se faire que dans les vignobles situés sur le territoire. Et du fait que les surfaces viticoles situées en France sont limitées, la rareté des biens est garantie.

Ça doit également être l’une des raisons pour lesquelles les meilleurs vins français continuent d’attirer les plus grandes fortunes du monde.

En dehors de cet aspect, les Groupements fonciers viticoles permettent d’optimiser sa fiscalité. En effet, les avantages fiscaux octroyés en achetant des parts de cette société civile sont très attractifs en matière d’Impôt sur le revenu (IR), d’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et d’impôt sur les successions.

En ce qui concerne l’IR, l’investissement dans le vin grâce aux GFV permet de générer un déficit foncier rural pour compenser d’éventuels bénéfices fonciers urbains. La valeur des parts représentatives de ces apports permet ainsi jusqu’à 75 % d’exonération de l’IFI, et ceci dans la limite de 101 897 €. Au-delà de ce seuil, l’exonération sera de 50 %. Si vous possédez par exemple 100 000 € de parts dans un GFV, vous ne serez imposable à l’IFI que sur 25 000 €.

Le principe est le même pour l’exonération de droits de donation et de succession.

Le Groupement foncier viticole est avant tout un investissement qui permet d’allier plaisir et convivialité. En effet, chaque année les associés de la société peuvent se retrouver au domaine dont ils ont fait l’acquisition. Ce sera ainsi l’occasion de faire connaissance entre eux et avec l’exploitant agricole. Ce sera aussi l’occasion de visiter les installations et de déguster les crus…

Enfin, l’acquisition de parts de GFV, c’est aussi une opportunité de bénéficier d’une relation de proximité avec un vigneron. Vous pourrez ainsi obtenir des bouteilles très rares à des prix « associé » et suivre l’évolution du domaine ainsi que celui des vins au fil des années.

Quels sont les risques ?

Même s’il s’agit d’un investissement qui allie plaisir, convivialité et qui présente d’intéressants atouts sur le plan fiscal, certains risques sont à prendre en compte avant de se lancer. Raison pour laquelle, nous vous conseillons de vous rapprocher d’un professionnel pour bénéficier de son éclairage et de son appui.

En ce qui concerne les principaux risques, on peut citer les risques :

  • de perte en capital
  • de liquidité en raison d’une éventuelle importante demande de retraits de fonds
  • d’exploitation et de pertes de revenus en raison de la variation de la production et des risques naturels
  • phytosanitaires
  • de faibles rendements
  • de forte imposition des revenus…

En dehors de tout cela, il faut souligner que l’investissement dans le vin à travers les GFV est un investissement de long terme, en général 10 ans minimum.

Quelques conseils pour investir

Faire l’acquisition de vignes françaises grâce aux GFV est un investissement long terme, décorrélé des marchés financiers et immobiliers. Avant d’investir, il faudra donc prendre en compte certains critères, puisque la responsabilité des associés n’est pas limitée à l’apport en capital.

En général, vous devez prendre en compte :

  • la notoriété de l’appellation, vu que tous les vignobles n’ont pas la même réputation
  • le classement des vins du domaine en privilégiant les crus les mieux classés
  • les projets de développement. Certains peuvent être peu connus actuellement, mais avec de bonnes perspectives de développement. Nous insistons donc encore sur le fait que vous devez prendre le temps de bien vous renseigner auprès de spécialistes du domaine.

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